Les fans d'Elvis ont célébré ses 75 ans
AP
Une statue d'Elvis à Las Vegas
La maison blanche où Elvis Presley a vu le jour il y a tout juste 75 ans est si minuscule qu'une seule pièce de l'imposante propriété de Graceland où le King passa les dernières années de son existence pourrait la contenir. Si Graceland, grande attraction touristique internationale depuis la mort du rocker en 1977, devait attirer tous les regards vendredi, date du 75e anniversaire de la naissance de la star, plusieurs centaines d'admirateurs étaient également attendus sur son lieu de naissance à Tupelo, dans le nord-est du Mississippi. Ils sont venus voir sous une autre perspective l'homme qui a réinventé la musique populaire américaine en fusionnant les influences des communautés noires et blanches, le blues et le bluegrass, le gospel et le rockabilly, jusqu'à ce qu'il devienne le Roi du Rock 'n Roll.
La maison de quatre mètres et demi sur neuf où naquit Presley a été construite à Tupelo en 1934 par son père, son grand-père et son oncle dans l'un des quartiers pauvres de la ville. La famille du King of Rock'n'Roll n'y habita que très peu de temps. Faute de pouvoir s'acquitter des paiements, elle la quitta alors qu'Elvis Presley était âgé de deux ans et demi.
"Nous présentons l'Elvis inconnu, le petit garçon Elvis", a expliqué Dick Guyton, directeur de la fondation, qui dirige l'Elvis Presley Birthplace à Tupelo, une commune de 36.000 habitants à quelque 160km au sud-est de Memphis. Si à Graceland les visiteurs sont voiturés dans des camionnettes, depuis le centre des visiteurs jusqu'à la villa, et déplacé en troupeau avec des écouteurs sur les oreilles, l'ambiance est différente à Tupelo. Il n'y a que quelques visiteurs qui ont le privilège de fouler la maison de bois où Presley et son frère jumeau mort-né Jesse Garon Presley, ont vu le jour le 8 janvier 1935.
La maison de l'enfance comprend sur six hectares un musée, une boutique de souvenirs, une chapelle aux vitraux simples, et un buste d'Elvis à 13 ans. Le périple inclut également depuis 2008 l'église que fréquentait la famille. Alors qu'Elvis était enfant, son père Vernon avait du mal à trouver du travail et passait le plus clair de son temps en prison. Sa mère Gladys avait la vie dure et gardait un oeil sur son fils unique, le survivant, d'après Guy Harris, un ami d'enfance. Les Presley ont connu plusieurs maisons à Tupelo avant que Vernon n'emmène la famille à Memphis en 1948. Adolescent, Elvis jouait de la guitare pour ses amis, comme le jour de son départ du collège Tupelo Milam Junior High.
Harris, un policier retraité de 71 ans, se souvient "qu'il n'y avait pas de différence" entre l'Elvis qu'il a connu et celui qui est devenu célèbre. Le King est revenu plusieurs fois voir des amis à Tupelo, et jouer en 1956 et 1957. "Il ne montrait jamais qu'il était à un autre niveau que nous" se souvient Harris. Il est pourtant venu moins souvent ensuite. Selon Guyton, un gamin de 4 ans de moins, qui ne l'a jamais rencontré vivant, "c'était un garçon de la campagne. Et c'est ce qu'il avait de si excitant pour nous".
Presley a donné la recette d'un concert de 1957 à la ville pour qu'elle acquiert la maison de son enfance et les environs, qui étaient alors à vendre. Il espérait en faire un parc, mais la ville n'a jamais vraiment donné suite, à la stupéfaction du chanteur. Un club de jardinage a commencé à restaurer la maison modeste dans les années 1970, et l'a ouverte au public. Il y a maintenant 60.000 visiteurs payants chaque année, et environ 20.000 qui se promènent aux environs gratuitement. Le ticket d'entrée est de 12 dollars pour les adultes, 6 pour les enfants.
D'après Guyton, la plupart des visiteurs sont de vrais fans qui connaissent déjà la carrière du chanteur, sa musique et ses films, et ses femmes principales. (L'ex-femme du King, Priscilla Presley, a commémoré l'événement avec environ 3.000 fans à Memphis). A Tupelo, ils en apprennent plus sur ses jeunes années et en particulier son amour pour la musique de gospel. C'est la raison pour laquelle l'église a été restaurée, avec ses bancs en bois. Des films sont projetés à l'intérieur désormais, pour restituer l'ambiance des célébrations religieuses des années 1930-40 à l'Assemblée de Dieu. Un autre film décrit la pauvreté des années de dépression de 1930.
On y voit aussi une photo d'Elvis à 10 ans, participant à un concours de chant à la foire de l'Alabama avec d'autres enfants. Il avait interprété "Old Shep" et gagné dix dollars, le 2e prix. Le musée expose aussi un foulard de soie, qu'aurait signé Presley, avant de la jeter à une fan lors de son dernier concert, le 26 juin 1977 à Indianapolis. Son mari l'a légué au musée. D'après Guyton, l'opulence que le King a adopté à la fin de sa vie, les grands cols, les chemises en dentelles, les voitures tape-à-l'oeil, étaient une manière de conjurer la pauvreté de son enfance. "C'est ce qui lui a été fatal, conclut le directeur. Personne ne pouvait lui dire non".
8 janvier 2010
Pléthore d'expositions aux États-Unis pour les 75 ans
d'Elvis Presley
AFP

Une Harley Davidson de 1957, un buste du King en César, une ceinture d'or et de diamants portée à Las Vegas: plusieurs expositions aux Etats-Unis explorent l'image et l'héritage du roi d'Elvis Presley qui aurait eu 75 ans vendredi. Au Musée Grammy de Los Angeles (Californie, ouest) s'est ouverte jeudi jusqu'au 28 mars la présentation d'une soixantaine de photographies du reporter Alfred Wertheimer qui dévoilent Elvis à 21 ans, en 1956, lorsque la star naissante n'était pas encore une légende.
L'exposition "Elvis at 21", qui présente de rares clichés du King dans des studios de New York enregistrant "Don't be cruel" ou dépouillant le courrier de ses fans nonchalamment installé sur un canapé, sera également accueillie à Washington, à la National Portrait Gallery à partir du mois d'octobre. Elle voyagera dans sept autres villes américaines de Little Rock en Arkansas (sud) à Richmond en Virginie (est). "One life: Echoes of Elvis", une autre exposition, plus modeste, présente à la National Portrait Gallery de Washington (à partir de vendredi et jusqu'au 29 août) un échantillon des illustrations et des produits dérivés qu'a inspirés le King.
Y trônent notamment un buste doré massif d'Elvis affublé, tel César, d'une armure de romain et la peinture originale du timbre du King, le plus vendu des timbres postaux commémoratifs américains (500 millions d'exemplaires). Des livres, édités avant sa mort en 1977, promettent d'enseigner les recettes favorites d'Elvis ou même d'apprendre à lire avec Elvis. Des "lunch-box" (boîtes contenant les repas des écoliers) et des moulins à café en fer blanc se parent du portrait du chanteur.
Jusqu'ici, Elvis a figuré chaque année au sommet des artistes décédés continuant à générer un substantiel chiffre d'affaires. Au musée de la presse Newseum de Washington, l'exposition "Elvis ! His groundbreaking, hip-shaking newsmaking story" ("Elvis et son épopée qui déhanche") rassemble nouveaux documents filmés, lettres, télégrammes relatant l'effet sensationnel dans les médias de la vie du King, de sa course au succès jusqu'à sa mort.
L'exposition qui compte également des objets rares comme son Harley Davidson de 1957 et la ceinture dorée qu'il portait lors de sa rencontre avec le président Richard Nixon en 1970, s'ouvre le 12 mars et dure jusqu'en février 2011. A Las Vegas (Nevada, ouest), les fans pourront revoir Elvis avec un spectacle du Cirque du Soleil, "Viva Elvis", dont la première s'ouvre le 12 février.
Mais c'est évidemment par Graceland, la résidence du King dans le Tennessee (sud), que les admirateurs doivent passer pour ce 75e anniversaire où une kyrielle d'événements sont organisés. Le manoir de Memphis est la propriété privée la plus visitée des Etats-Unis... après la Maison Blanche.
7 janvier 2010
Elvis Presley - Dick Rivers : “Je l’ai
rencontré en 1969”
Magali Vogel
En 1961, le Français Hervé Forneri, dit Dick Rivers, écoute Heartbreak Hotel, du King. Pour lui, c’est la révélation, il veut devenir chanteur. Huit ans plus tard, il rencontre Elvis Presley.
FRANCE-SOIR. Elvis Presley vous a donné l’envie de
devenir chanteur. Pourquoi ?
DICK RIVERS. Oui, mais un peu comme tout le monde
finalement. Quand j’ai entendu Heartbreak Hotel,
j’ai eu envie de faire ce métier. A la base,
j’aimais bien la musique, mais je ne pensais pas être
chanteur. Elvis a inspiré beaucoup de personnes. Comme
disait John Lennon, « si Elvis n’avait pas existé,
aucun d’entre nous n’aurait existé ».
C’est l’homme qui a fait passer une musique, à
l’époque réservée aux Noirs, chez les Blancs. Le rock
and roll, qui s’appelait rhythm and blues, serait
resté une musique « underground » sans Elvis. C’est
grâce à lui qu’il y a eu une révolution musicale et
sociale dans la jeunesse américaine.
Quelle image gardez-vous de lui ?
Celle de ses débuts, c’est-à-dire de la période
1954-1958. Je regrette que les jeunes générations gardent
l’image de ses dernières années où il était un peu un
sapin de Noël, l’époque où il était la caricature de
lui-même. Je pense que le vrai rock and roll est mort quand
Elvis est parti faire son service militaire.
L’avez-vous rencontré ?
Oui, à Las Vegas en 1969. J’ai d’ailleurs gardé
une très belle photo de nous deux.
Que vous êtes-vous dit ?
C’était une rencontre de chanteurs, sauf que lui ne
savait pas que je l’étais moi-même. (Il sourit) Il
était super sympa, il m’a demandé si j’avais
aimé son spectacle. Nous avons aussi parlé de
l’Europe, où il a fait son service militaire. Il
venait souvent en permission en France, il tenait à savoir
si les gens l’aimaient toujours autant.
7 janvier 2010
Anniversaire - Le King aurait eu 75 ans…
Magali Vogel
Cœur de rocker
Issu d’un milieu très modeste, Elvis Presley a su se forger un destin hors du commun. Trente-deux ans après sa mort, son nom reste une légende. N’est pas King qui veut. Pour prétendre à ce titre de légende, il faut avoir du talent, danser comme un dieu, afficher un sourire ravageur, un charisme digne des plus grands dandys, entonner des tubes et emballer les filles. Des qualités de séducteur et d’artiste qu’avait le grand Elvis Presley. Sans aucun doute, il est l’un des hommes qui ont marqué le XXe siècle. Avec des milliers de concerts à son actif, une trentaine de films à son palmarès et une cinquantaine de conquêtes féminines au compteur, Elvis Presley restera à jamais le roi du rock… et de la drague.
Un destin
Né le 8 janvier 1935 à Tupelo, dans le Mississippi, d’une famille pauvre, Elvis Aaron Presley est le fils unique de Gladys Love Smith et de Vernon Elvis Presley. Il a eu un frère jumeau, mort-né, appelé Jesse Garon Presley. Sa mère était ouvrière et son père travaillait dans une épicerie. En grandes difficultés financières, la famille Presley déménage à Memphis, dans le Tennessee, alors qu’Elvis n’a que 13 ans. Très vite, il affirme un goût prononcé pour la musique noire.
Eté 1953, Elvis a 18 ans. Il pousse alors la porte d’un petit studio d’enregistrement, Sun Records, à Memphis. Afin de faire un cadeau à sa mère, il décide d’enregistrer à ses frais (4 dollars) deux titres, My Happiness et That’s When Your Heartaches Begin, La secrétaire du studio note les coordonnées du jeune homme –encore inconnu– pour son boss, Sam Phillips. Même si le jeune chanteur n’emballe pas plus que cela le directeur du label, son style lui tape dans l’œil. En 1954, après de nombreux essais, peu concluants, Elvis entonne That’s All Right Mama, d’Arthur Crudup. C’est la stupéfaction. Il métamorphose ce titre, un blues à l’origine, en chanson rock and roll. Le jeune chanteur vient de trouver sa voie.
Un amour interdit
Après quatre ans de succès, de fans hystériques, de tubes et de tournées (surtout dans le sud des Etats-Unis), le bel Elvis part faire son service militaire avec l’US Army. Il coupe sa banane pour une coiffure de rigueur et décide de servir en Europe, « parce qu’il rêvait de rencontrer Brigitte Bardot », nous confie Patrick Mahé, auteur du Roman des amours d’Elvis (éd. du Rocher). En Allemagne, en 1959, il rencontre celle qui deviendra « la » femme de sa vie : Priscilla Beaulieu. Elle n’a que 14 ans et demi, lui 23. Il tombe sous le charme de la jeune fille, brune et pâle, en tenue d’écolière, qui collectionne ses photos… Quelques mois plus tard, Priscilla emménage à Graceland, avec le consentement de ses parents. Ils se marient en 1967 à Las Vegas. Neuf fois plus tard, le 1er février 1968, leur fille unique, Lisa Marie Presley, voit le jour.
Un mari volage
Bourreau des cœurs – même si pour tous son grand amour fut Priscilla –, le rocker s’est attiré bien des faveurs féminines, plus ou moins avérées. Avec son sourire en coin, ses yeux plissés et son Perfecto, il séduit les plus belles femmes : danseuses de cabaret, actrices, réceptionniste des hôtels les plus prestigieux… Blondes, brunes, rousses, toutes sont folles de lui et tombent dans ses bras : Anita Carter, Cheryl Holdridge, Alice ou Helen Kessler (peut-être même les deux), Nancy Sinatra (fille de), Dolores Hart… Patrick Mahé précise : « Il aurait plu à Mme de Fontenay, parce qu’il adorait les Miss. »
Un homme rattrapé par ses démons
De concert en concert, d’Etat en Etat, de soirées
en mondanités, dès 1975, Elvis s’épuise. Il oublie
même les paroles de ses chansons sur scène. En 1977, il
entre en dépression à la suite de la sortie du livre «
brûlot » de son ancien garde du corps (un ami
d’enfance qu’il a renvoyé après que ce dernier
eut violenté un fan), il se replie dans sa solitude à
Graceland. A cette époque, il est marié à Ginger Alden, sa
dernière compagne. Il avale des pilules prescrites par son
« bon docteur Nichopoulos » qui lui prescrit une
quarantaine de médicaments par jour… Il vit en
retrait du monde. Se lève à 21 heures et se couche sur les
coups de 9 heures du matin. Il grossit à vue
d’œil et pèse cette année-là 106 kg.
Dans la nuit du 15 au 16 août 1977, Elvis –
l’oiseau de nuit – entreprend une grande partie
de squash. Entre 5 heures et 6 h 40, il se lance à corps
perdu dans une grande bataille avec son cousin Billy Smith.
Une fois l’affrontement sportif terminé, le King
rejoint sa chambre à coucher vers 9 heures. Il avale un
cachet de somnifère, comme à son habitude, mais cette
fois-ci son cœur ne supporte pas. Il s’écroule
sur le sol de la salle de bains, victime d’une
d’arythmie cardiaque. Ginger Alden se réveille vers
14 heures. Son mari n’est pas au lit. Elle le
cherche, l’appelle. Puis le retrouve étendu au sol.
C’est la fin : le King est mort !
Dates clés
8 janvier 1935. Naissance d’Elvis Aaron Presley à
Memphis, dans le Tennessee.
Juillet 1953. Elvis obtient son bac et enregistre son
premier 45-tours pour 4 dollars afin de faire une surprise
à sa mère.
19 juillet 1954. Sortie de son premier single qui contient
deux titres : That’s All Right et Blue Moon of
Kentucky.
1955. Il signe avec la maison de disque RCA.
1956. Grâce à son déhanchement de légende et à son physique
de jeune premier, Elvis devient « the King of the rock and
roll ».
Mars 1957. Le chanteur achète pour 120.500 dollars une
propriété qu’il baptise « Graceland ».
1958. Elvis part faire son service militaire dans
l’US Army.
1960. Fin de son service militaire.
1967. Il se marie à Las Vegas avec Priscilla Beaulieu.
1er février 1968. Naissance de leur fille, Lisa Marie
Presley.
26 juin 1977. Dernier concert d’Elvis à Indianapolis.
16 août 1977. Mort du King.
6 janvier 2010
Les fans d'Elvis célèbrent vendredi le 75e anniversaire du
"King"
AFP
Pour des millions de fans, Elvis Presley, né un 8 janvier il y a 75 ans, est toujours vivant et l'anniversaire du roi du rock'n'roll sera dignement célébré vendredi dans le monde entier, comme s'il n'était pas mort à l'âge de 42 ans.
"Elvis continue à être populaire dans le monde entier et les fans ont tendance à venir fêter ses anniversaires tous les cinq ans", confie le porte-parole de sa propriété de Graceland (Tennessee, sud des Etats-Unis) qui va accueillir de nombreuses festivités. Son ex-femme Priscilla et sa fille unique Lisa Marie Presley découperont le gâteau d'anniversaire sur la pelouse de la propriété, classée monument historique depuis 2006 et qui reçoit chaque année 600.000 visiteurs.
A Memphis, le 8 janvier 2010 a été déclaré "Journée Elvis Presley" et une foule de concerts et d'expositions sont prévus. Des manifestations sont aussi programmées par les fan-clubs de Tokyo, Londres ou Paris. "Elvis est une des rares personnes à avoir su abattre les frontières culturelles", affirme Howard Kramer, commissaire d'une exposition en l'honneur du "King" au "Rock and Roll Hall of Fame" de Cleveland (Ohio, nord).
Trente-deux ans après sa mort --terrassé par une crise cardiaque dans sa salle de bains--, Elvis, né Aaron Elvis Presley, "est encore une importante figure culturelle", affirme Erika Doss, professeur d'études américaines à l'Université Notre-Dame, dans l'Indiana (nord). Même s'il n'a pas été le premier à conjuguer le blues, la musique noire américaine inspirée de l'esclavage et la musique country, apanage des Blancs, Elvis a donné son élan au rock avec son tube de 1956 "Heartbreak Hotel".
D'une beauté physique et d'un charisme irrésistibles, fameux pour son déhanchement suggestif qui lui a valu le surnom d'"Elvis the pelvis", le chanteur a entraîné avec lui une génération d'après-guerre qui voulait briser le corset des conventions. "Il était incroyablement beau et il a délibérément bousculé les tabous sexuels des années 1950. Il était attirant pour les femmes comme pour les hommes", affirme Erika Doss, auteur du livre "Elvis Culture: Fans, Faith, and Image".
En l'honneur de ses 75 ans, sa propriété accueille une exposition sur ses débuts. A Washington, plusieurs expositions célèbrent l'influence du King à la National Portrait Gallery à partir de vendredi et au Newseum, le musée de la presse, en mars. A Memphis, des pâtissiers de l'historique hôtel Peabody vont même servir un gâteau d'anniversaire fait de beurre de cacahuètes et de rondelles de bananes rappelant le sandwich préféré du King.
Né le 8 janvier 1935 à Tupelo (Mississippi, sud) dans un milieu modeste, Elvis est entré dans la légende comme le pauvre qui a réussi, le Blanc qui chantait comme un Noir, le sex-symbol proche de sa mère, le rebelle patriote. Avec Michael Jackson, autre icône mondiale de la pop, décédé en 2009, Elvis est l'artiste qui a vendu le plus de disques (près d'un milliard). Il a joué dans une trentaine de films.
"Il est tellement au centre de notre vocabulaire musical, il est dans l'ADN de notre musique", résume Jeff Melnick, professeur d'études américaines à l'université Babson dans le Massachusetts (nord-est). L'aura du King n'est pas due, selon ce professeur, à sa mort prématurée: à la fin de sa vie l'artiste luttait contre l'embonpoint, l'accoutumance aux médicaments et la dépression. "Mais ce qui reste sont ces incroyables enregistrements d'un type jeune, incroyablement athlétique et sexy qui faisait des choses que personne n'avait jamais osé faire avant", ajoute ce professeur. "Il était très bon, c'est tout". ======================
17/12/2009
LAS VEGAS
Un complexe de 8,5 milliards $
Dany Bouchard
Le Journal de Montréal
(LAS VEGAS) Comme une gigantesque parenthèse dans la crise
économique qui fragilise la ville, Las Vegas a célébré hier
l'ouverture en grande pompe de CityCenter, un méga-complexe
hôtelier de 8,5 milliards $, extravagant et luxueux à
souhait, où sera présenté le nouveau spectacle du Cirque du
Soleil en hommage à l'oeuvre d'Elvis Presley. CityCenter a
été aménagé sur un terrain de 67 acres, entre les
hôtelscasinos Bellagio et Monte-Carlo, anciennement occupé
par le Boardwalk hotel and casino (fermé en janvier 2006 et
démoli en mai de la même année). Propriété de MGM Mirage et
de Infinity World Development, une branche de Dubaï World,
CityCenter est une ville dans la ville, loin de l'agitation
du strip, avec son propre circuit routier, son monorail
électrique et sa place centrale dominée par une gigantesque
fontaine de jets d'eau illuminés. CityCenter compte trois
nouveaux hôtels: le Vdara (57 étages, un spa et 1 495
chambres), le Mandarin Oriental (47 étages, un spa, 392
chambres et 225 appartements), et le Har mon Hotel (400
chambres, ouverture prévue à la fin 2010).
Le site héberge aussi les Veer Towers, deux tours de 37
étages, inclinées de cinq degrés, abritant chacune 335
condos de 500 à 3 300 pieds carrés. CityCenter compte aussi
le Crystals, une aire de 500 000 pieds carrés de magasins
et de restaurants.
Aria
Mais le coeur de CityCenter est Aria, un immeuble de 61
étages qui compte 4 004 chambres, un casino de 150 000
pieds carrés (comparable à celui du Bellagio), un centre de
convention, 10 bars et restaurants, un autre spa et même
une aire de jeux vidéo. L'intérieur de Aria est fabriqué de
bois et de pierres, avec de multiples chutes et sources
d'eau, un rappel aux considérations environnementales des
architectes. Plusieurs sections sont aussi baignées par la
lumière naturelle du jour, ce qui est très rare dans les
casinos de Las Vegas. Les chambres, dont le tarif oscille
entre 149 $ et 799 $ la nuit, sont à la fine pointe de la
technologie. Chaque occupant qui y entre se «fait souhaiter
la bienvenue» par un système qui ouvre les rideaux et
allume le téléviseur et les lumières. La chambre peut aussi
«se souvenir» de la température favorite de l'occupant.
Aria abrite aussi le théâtre Elvis, où sera présenté à
compter de demain le spectacle Viva Elvis du Cirque du
Soleil.
«Ce n'est pas rien, c'est l'un des plus gros développements
au monde», s'étonne Daniel Lamarre, président et chef de la
direction du Cirque du Soleil, présent hier midi à la
conférence de presse où s'étaient réunis 400 représentants
des médias. «Ça fait cinq ans qu'on travaille à ce
projet-là et que tout le monde dit que c'est impossible.
C'est la relance de Las Vegas. On va arrêter de parler des
problèmes financiers de Las Vegas et on va revenir au fun,
à l'entertainment. Les valeurs de Las Vegas reviennent»,
estime-t-il. Priscilla Presley a aussi assisté à la
conférence de presse, aux côtés de Robert Sillerman, le
président de CKX, la firme qui détient les droits sur
l'oeuvre du King. «Elvis va réénergiser la ville, confie ce
dernier au Journal. On va redéfinir l'entertainment.»
«Elvis serait fier, dit-il en contemplant l'extérieur d'un
des immeubles du City-Center. C'est gros et Elvis voyait
grand. C'est ce qu'il aimerait s'il était vivant.»
Une grande fête
Pour célébrer l'ouverture officielle du méga-complexe, les
propriétaires du City- Center ont organisé hier soir une
grande fête réunissant 5 000 convives. L'apparition du
CityCenter dans le paysage de Las Vegas a aussi été
soulignée hier soir avec un grand feu d'artifices, sur le
coup de 23h. Le complexe a officiellement ouvert ses portes
au public à 23 h 30. En 2009, CityCenter fut le plus
important employeur aux États-Unis, en créant pas moins de
12 000 nouveaux emplois, dont 165 chefs cuisiniers, 15
sommeliers, et 1 300 employés de casino.
16/12/2009
VIVA ELVIS
Elvis revit à Las Vegas
Dany Bouchard
Le Journal de Montréal
(LAS VEGAS) Beaucoup de danse, de la musique live et complètement revisitée, et quelques subtils clins d'oeil à la vie du King ; Elvis reviendra à Las Vegas par la grande porte dans une formule «concert» qui a reçu la bénédiction totale de Priscilla et de Lisa Marie Presley. «À la fin du spectacle, vous sentirez Elvis», promet Gilles Ste-Croix, directeur artistique du Cirque du Soleil. La troupe a présenté hier un extrait du spectacle Viva Elvis qui prend l'affiche ce vendredi au CityCenter, mais dont la première n'aura lieu que le 19 février 2010. L'extrait a débuté sur l'air célèbre de Ainsi parla Zarathoustra de Richard Strauss, qu'Elvis avait l'habitude de faire entendre en spectacle.
Le premier numéro, sur la musique de Blue Suede Shoes, a laissé voir une vingtaine de danseurs sur une passerelle chromée, surmontée d'un écran qui lui a donné l'allure d'un juke-box géant. Est ensuite apparu un Elvis juché sur des échasses et un court numéro d'acrobaties à bicyclette. Pour faire le lien entre différentes scènes, le Cirque du Soleil a créé le personnage du Colonel Parker, venu raconter comment il avait découvert son jeune prodige. L'arrière-scène est ensuite devenue un ciel étoilé, laissant place à deux acrobates (une référence à Elvis et son jumeau) se tenant en équilibre dans la structure d'une gigantesque guitare sur la musique de One night with you, chantée au piano par une jeune femme. Le troisième numéro a proposé une version gospel du succès All Shook Up, à peine reconnaissable, interprétée par une chanteuse noire entourée de danseurs. Plus acrobatique, le dernier numéro, sur l'air de Got A Lot Of Living To Do, a laissé voir des personnages de superhéros (qu'aimait beaucoup Elvis) rebondissant sur les multiples parois d'une imposante structure sortie d'arrière-scène.
Musique Live
Comme dans LOVE, c'est la musique qui domine la production de Viva Elvis. Mais à la différence de LOVE, la musique n'est pas pré-enregistrée, mais bien live et revisitée à la saveur d'aujourd'hui avec des sons très actuels. «C'est Elvis qui rencontre Arcade Fire, illustre Gilles Ste-Croix. On a pris l'option d'une musique live, pour avoir une approche plus concert. Dans les previews qu'on a faits, il y a des gens qui se levaient et qui dansaient.» Selon lui, les fans purs et durs du King, qui croyaient entendre la musique originale, ne seront pas déçus. «Les fans purs et durs ont tous les disques d'Elvis à la maison», dit-il.
Le spectacle, chorégraphié par Vincent Patterson (Michael Jackson, Madonna), laisse beaucoup de place à la danse : environ 25% de danse pure, et 40 % de danse mélangée à l'acrobatie. Plusieurs clins d'oeil à la vie d'Elvis, parfois subtils, sont dissimulés dans le spectacle. Par exemple, un numéro de cerceaux aériens est fait avec des anneaux qui imitent les alliances échangées par Elvis et Priscilla à Las Vegas en 1967. Les imprimés en léopard visibles à quelques endroits du théâtre évoquent ce qu'on retrouve à Graceland. Le spectacle fait aussi un clin d'oeil à la passion d'Elvis pour le karaté, ou à son époque dans l'armée. Évidemment, tous les numéros et les mises en scène du spectacle ont reçu l'aval de Priscilla et de Lisa Marie Presley. «On leur pitchait des idées et, des fois, elles disaient: "Ça, Elvis n'aurait pas aimé ça"», indique M. Ste-Croix.
Un voyage de trois ans
La présentation s'est faite hier après-midi en présence de Priscilla Presley, qui n'a eu que de bons mots pour le Cirque du Soleil. «Je ne pouvais pas imaginer d'autres partenaires que le Cirque du Soleil», a-t-elle dit, en évoquant «ses visites au Canada». Vêtue d'une robe jaune, saumon et violet, la femme de 64 ans a parlé de «l'aboutissement d'un voyage qui a commencé il y a trois ans.» «Je suis excitée de voir le spectacle et par son retour à Las Vegas.» Guy Laliberté s'est pour sa part dit très fier de compter un septième spectacle dans la capitale du jeu. «Et merci, merci beaucoup Priscilla, de t'être impliquée dans le processus créatif. Merci de ta collaboration», a-t-il dit.
16/12/2009
Vince Paterson : le chorégraphe d'Elvis... et de Michael Jackson
Marie-Christine Blais
La Presse
(Las Vegas) Les chorégraphies de Viva Elvis sont l'oeuvre de Vince Paterson. Oui, le Vince Paterson qui incarne le chef de gang adverse dans la vidéo Beat It, aux côtés de Michael Jackson. Le Vince Paterson qui a chorégraphié plusieurs des clips de Jackson ainsi que sa tournée Bad, dont il était le directeur artistique. Le Vince Paterson qui a également signé la direction artistique et les chorégraphies de la tournée Blonde Ambition de Madonna. Affable, sensible et allumé, le chorégraphe a abordé le spectacle Viva Elvis en se penchant d'abord sur la musique, qu'il a choisie en fonction de l'atmosphère voulue dans tel ou tel segment du spectacle: les influences et les débuts d'Elvis, sa vie avec Priscilla, sa vie à Vegas. Il est toutefois le premier à reconnaître qu'il ne connaissait pas tant que ça le King avant de travailler à ce spectacle du Cirque du Soleil.
C'est lui, avec son équipe, qui a eu l'idée de transformer All Shook Up en gospel: «Avec les danseurs habillés comme des ouvriers de Tupelo, la chanson devient pratiquement une prière, une façon de dire que leur foi les transforme. Saved me permettait de rappeler qu'Elvis a été élevé dans le quartier noir de Tupelo, qu'il aimait le gospel - or, Saved est une des chansons qu'il a interprétées dans sa célèbre émission 68's Comeback Special. En une chanson, il était possible d'aborder différentes facettes d'Elvis.» Manifestement encore ébranlé par la mort de son ami Michael Jackson, Vince Paterson y a pourtant trouvé une force inattendue: «La majorité des danseurs de Viva Elvis n'étaient pas nés au moment de la mort de Presley. Mais quand Michael est mort, ils ont soudain compris. Et leur attitude, leur motivation a changé à partir de là. Je suis profondément troublé par tous les parallèles qu'on peut établir entre Elvis et Michael: tous deux ont transformé la musique, la danse et les gens. Elvis a incarné la montée de la jeunesse, Michael a été le premier Noir aussi populaire chez les Blancs que chez les Noirs.»