Des classiques au goût du jour
21/02/10 08:27 Classé dans :
Cirque du Soleil
VIVA ELVIS
Des classiques au goût du jour
Dany Bouchard
Le Journal de Montréal
LAS VEGAS | Entre les mains d’Erich Van Tourneau, la musique d’Elvis est devenue plus contemporaine, avec des accents brit et indie-rock, et peut parfois sonner comme du Coldplay, du Mahalia Jackson ou même du Norah Jones.
Des classiques au goût du jour
Dany Bouchard
Le Journal de Montréal
LAS VEGAS | Entre les mains d’Erich Van Tourneau, la musique d’Elvis est devenue plus contemporaine, avec des accents brit et indie-rock, et peut parfois sonner comme du Coldplay, du Mahalia Jackson ou même du Norah Jones.
Pendant deux ans, Éric Létourneau, de son vrai nom, a épluché le répertoire complet d’Elvis.
«Il a dû faire quelque chose comme 837 tounes. On a pris les 200 plus connues et on a fait le ménage là-dedans. On a fait une liste de «A» et de «B» et on en a débattu pendant une semaine», explique-t-il.
Au final, 30 chansons «incontournables» d’Elvis ont été choisies pour constituer la charpente du spectacle. Certaines autres, comme If I Can Dream, ont dû être mises de côté.
DES MILLIERS DE SONS
«Malade d’échantillonnage», comme il se décrit, et adepte de mash-up (mélange de chansons), Éric Létourneau s’est servi de milliers de sons repêchés ici et là parmi les chansons du King et à travers des bouts de conversation qu’il avait sur scène, pour les ajouter aux titres déjà choisis.
«J’ai même fait appel à des collectionneurs. (...) J’ai cherché à mettre du Elvis dans du Elvis.
«Le brit, le indie-rock fittaient là-dedans. Mon mandat, c’était de rendre la musique d’Elvis plus contemporaine. J’avais des courants en tête. Quand on écoute le Louisiana Hayride, il est punk», cite-t-il en guise d’exemple.
Selon lui, certaines chansons peuvent aujourd’hui sonner comme du Coldplay, ou du Mahalia Jackson. La semaine dernière, quelqu’un lui a fait remarquer que One Night ressemblait à du Norah Jones.
«Elvis était éclectique lui-même et il appréciait beaucoup de styles de musique. Il aurait tripé sur ce métissage-là», dit-il.
Le Montréalais de 36 ans s’est surtout inspiré de quatre époques très précises dans la carrière d’Elvis: celle de ses enregistrements chez Sun Records, celle de ses passages au Louisiana Hayride, celle de ses débuts avec RCA, et celle de son Comeback Special de 1968.
«Pour moi, c’était vraiment important de montrer le Elvis dangereux, jeune et affamé», résume-t-il.
D’AUTRES PROJETS INTERNATIONAUX
Vêtu d’un blouson GI avec le nom de «Presley», Éric Létourneau a grandi avec la musique d’Elvis. «J’écoutais ses tounes quand j’étais petit. Mon père est un hardcore fan. Dieu est là, dit-il en faisant un signe de la main, et Elvis est plus haut.»
Avant de travailler au Cirque du Soleil, Éric Létourneau a joué avec l’Orchestre symphonique à la Place des arts, travaillé à des thèmes publicitaires aux États-Unis, et accompagné bon nombre d’artistes québécois (dont Lulu Hugues).
«Je ne prends rien pour acquis, dit-il. À date, tout le monde tripe sur la musique et on a un band hallucinant.»
Évidemment, sa participation à un tel projet ne peut que lui ouvrir de nouvelles portes. «Indéniablement, convient-il, puisque j’ai déjà des discussions en cours pour d’autres projets internationaux.»
Les Québécois du band
Les Québécois font rocker Vegas, majoritaires dans le groupe de musiciens qui fait revivre la musique du King sur scène.
Mis à part la voix d’Elvis et quelques rares sons indissociables des bandes maîtresses, la musique du King est livrée sur scène par quatre choristes et neuf musiciens, dont six Québécois.
«Le mandat c’était: "Si Elvis était vivant, qu’est-ce que ce serait aujourd’hui, pour toucher une nouvelle génération?"», résume Benoît Clermont, le batteur du groupe (au centre).
Les arrangements musicaux du spectacle sont de Erich Van Tourneau, un autre Québécois, qui y travaille depuis plus de deux ans. Certaines chansons sont restées authentiques, et quasi-fidèles à 100 % aux originales.
«Des fois, il y a juste un ou deux accords qui changent, ou des percussions sont ajoutées. On retrouve beaucoup ça dans les ballades», ajoute le batteur.
Certaines, comme Burning Love, donnent place à du vrai rock n’roll, avec des têtes qui se balancent et de puissants accords de guitare.
«C’est pas conservateur, ça c’est certain, ajoute Olivier Goulet (à droite), l’un des deux guitaristes du groupe. Les gens apprécient beaucoup ce numéro-là», reconnaît-il.
«C’est la musique qui prime. Dans les autres shows, la musique vient en second plan, mais ici, c’est avec la musique que tout a commencé. On a bâti autour», explique Armand Thomas, directeur de la création.
PAS DE PRESSION
Chacun des musiciens est sous contrat pour un an et demi ou deux ans. «Le band a connecté depuis le début», indique Jean-François Thibeault (à gauche), le tromboniste et harmoniciste de la formation, tout juste débarqué du spectacle Zumanity où il a travaillé pendant six ans.
Le Cirque du Soleil a des moyens, et les créateurs de Viva Elvis ne lésinent sur aucun détail. «Je ne vois pas d’autres compagnies qui auraient eu les moyens de faire ce show-là», estime Benoît Clément.